Origine commune de l'égytien ancien, du copte et des langues négro-africaines modernes - Abibitumi Kasa Afrikan Language and Liberation Institutes and Community Networks
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Origine commune de l'égytien ancien du copte et des langues négro-africaines modernes



http://www.ankhonline.com/langue1.htm

Origine commune de l'égytien ancien, du copte et des langues négro-africaines modernes. Introduction à la linguistique historique africaine.

Théophile OBENGA

(Paris, L'Harmattan, 1993)

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Table des matières

INTRODUCTION p. 7

CHAPITRE I. - Méthodologie p. 11

Principes de la linguistique historique. L'indo-européen. Critères légitimant la comparaison entre l'égyptien pharaonique, le copte et les langues négro-africaines modernes. Recommandations du Colloque égyptologique international du Caire en 1974.

CHAPITRE II. - Identification et documentation p. 19.

Historique de la langue égyptienne. Dialectes coptes. Processus de l'emprunt fait au grec par le copte. Dictionnaires, lexiques et grammaires pharaoniques et coptes. Identification du mbochi. Mbochi et Bantu. Documentation scientifique sur le mbochi.

CHAPITRE III. - Phonétique historique de l'égyptien p. 29

Historique de la phonétique égyptienne. Copte et moyen égyptien : phonologie. Première approche relative à la vocalisation de l'égyptien pharaonique. Systèmes consonantiques pharaonique et copte. Voyelles coptes. Structure phonématique du copte.

CHAPITRE IV. - Définition et classement des phonèmes mbochi p. 53

Traits généraux. Consonnes. Voyelles. Analyse tonématique. Combinaison des phonèmes. Conclusio

CHAPITRE V. - Système phonologique du berbère p. 67

Documentation. Phonologie berbère : système consonantique et système vocalique. Observations phonologiques. Langues égyptienne et berbère : leur opposition irrémédiable

CHAPITRE VI. - Mythes chamito-sémitiques p. 79

Etymologie du mot " ham " ou " cham ". Structure morphologique du sémitique, de l'égyptien et du berbère : étude comparative systématique. Faits lexicologiques sémitiques, égyptiens et berbères : leur opposition fondamentale. Le " chamito-sémitique " ou l'" afro-asiatique ", une véritable escroquerie scientifique.

CHAPITRE VII. - Correspondances morphologiques entre l'énptien et le négo-afticain p. 97

Classes nominales et articles définis. Formation du pluriel. Catégories grammaticales de genre sexuel. Formation grammaticale d'abstraits. Verbe-copule " être ". Pronoms personnels égyptiens et négro-africains. Pronom personnel réfléchi. Adjectifs et leurs emplois grammaticaux. Adjectifs dits " nisbés ". Obtention du comparatif et du superlatif. Verbes et conjugaison verbale flexionnelle. Réduplication. Causatif. Particules verbales. Temps et modes. Formes simples et complexes du verbe : flexions verbales. Particules auxiliaires verbales (morphèmes copules). Expression du futur et tableau des éléments fonctionnels. Particularités verbales idiomatiques. Le " m " dit de prédication. Morphèmes négatifs : tableaux comparatifs. Particules de liaison : tableaux comparatifs.

CHAPITRE VIII. - Cbangements et Règles de correspondances phonétiques p. 181

Lois phonétiques (" sound laws "). Les données. Analyse des faits pharaoniques, coptes et négro-africains. Établissement de concordances phonétiques : les consonnes. Arbres généalogiques. Tableau d'ensemble. Phénomène de métathèse. Tableau. Établissement de concordances phonétiques : les voyelles. Tableaux évolutifs.

CHAPITRE IX. - Faits et correspondances lexicologiques p. 259

Remarques générales. Problème de l'emprunt linguistique et langues noncontiguës. Intervention du copte. Problème de l'héritage commun en linguistique. Valeur culturelle et historique de certains lexèmes égyptiens et négroafricains : " boeuf ", " mouton/bélier ", " singe/babouin " " éléphant ", " hippopotame ", " viande ". Deuxième approche relative à la vocalisation de l'égyptien pharaonique : ancien égyptien/nuer/banda/mande. Confirmation par le négro-afticain de certaines lectures du pharaonique tenues pour douteuses. Catégories ontologiques égyptiennes répandues dans toute l'Afrique noire. Panthéon égyptien et divinités négro-africaines. Rapprochements lexicologiques entre l'ancien égyptien, le copte et le négro-africain.

CHAPITRE X. - Parlers négro-égyptiens. Leur classification p. 343

Le Négro-égyptien, acquisition fondamentale de la linguistique africaine renouvelée. Histoire ancienne du continent afticain et linguistique africaine. Nonexistence des langues dites " semi " bantu. Éclatement de vieilles barrières linguistiques imposées par des théories racistes entre les langues africaines. Nécessité d'une géographie linguistique en Aftique noire. Trois grandes familles linguistiques africaines : le négro-égyptien, le berbère et le khoisan. La famille négro-égyptienne avec toutes ses branches et tous ses sous-groupes. Le verbecopule " être " en négro-égyptien : comparaison systématique.

CHAPITRE XI. - Autres Parlers africains. Leur classification p.361

Langues sémitiques de l'Aftique : groupe sémitique éthiopien. Quelques emprunts faits par ce groupe au couchitique. Parlers berbères actuels. Langues khoisan. Lexèmes hottentot. Comparaison entre le khoisan et le berbère : l'inexistence des langues dites " charnitiques ".

CONCLUSION p. 373

BIBLIOGRAPHIE p. 377

INDEX DES NOMS D'AUTEURS p. 391

ANNEXES p. 395

I. - Tableau du Négro-égyptien p. 394 - II. - Tableau du Sémitique de l'Afrique p. 396 - III. - Tableau du Berbère p. 397 - IV. - Tableau du Khoisan p. 398.



METHODOLOGIE

Nous allons exposer rapidement les règles et principes de la linguistique comparative ou historique ou encore évolutive, ainsi que.le but.visé par cette linguistique. Ensuite, nous dégagerons les critères qui autorisent et valident la comparaison entre l'égyptien pharaonique, le copte et les langues négro-africaines modernes.

Le français et le provençal, par exemple, se rejoignent par une forme de langue antérieure aux deux : le latin vulgaire de Gaule, - la langue latine était répandue, au Ier siècle avant notre ère, dans l'ensemble de la Gaule, jusqu'au Rhin. En d'autres termes, les états actuels du français et du provençal, maintenant différents, sont des états d'une forme linguistique antérieure unique. Or ce qui est appelé par commodité le latin vulgaire de Gaule n'est qu'une forme particulière, sans doute très peu différenciée, du latin vulgaire en général. Dès lors, la parenté du français et du provençal s'élargit dans l'espace et dans le temps, puisque les langues romanes sont la diversification linguistique du latin parlé, durant le Haut Moyen Age (V,-VIIIème siècle). Les langues romanes comprennent le gallo-roman (dialectes de langue d'oïl dont le français et le franco-provençal ; dialectes cisalpins, rhéto-frioulan, gallo-italien ; dialectes de langue d'oc, occitan et gascon, et le catalan qui occupe une position linguistique intermédiaire entre le gallo-roman et l'ibéro-roman), l'ibéro-roman (portugais, espagnol et dialectes : les Gloses de San Millàn de la Cogolla, fin Xème siècle, constituent les premières mentions écrites dans un dialecte espagnol), l'italo-roman (toscan, dialectes du Centre et du Sud, dialectes de Sardaigne ; le premier document écrit en un dialecte italien vulgaire date de la fin du Xème siècle : c'est la charte du Mont Cassin, 960-963), le balkano-roman (roumain, dalmate).

Toutes ces langues modernes romanes sont par conséquent des continuités historiques du latin. Chacune d'elles comprend des dialectes, des parlers locaux, des patois, des argots de métier. Ainsi, par exemple, le picard et le normand, le poitevin et le berrichon, sont parents entre eux, et le sont également du français et du franco-provençal, par conséquent du latin. Si un patois espagnol déterminé n'a plus grand'chose de commun, aujourd'hui, avec tel autre patois roumain par exemple, cette différence s'explique simplement par le fait que les deux formes linguistiques se sont séparées depuis très longtemps.

Or le latin forme, avec certaines langues indo-européennes, le groupe des langues italiques (les langues italiques se divisient ainsi : le latin, le falisque parlé à Faléries sur le cours moyen du Tibre, le vénète parlé en Vénétie ; l'ombrien parlé dans l'Apennin, l'osque soit la langue des Samnites du Samnium étendue à la Campanie, à la Lucanie et au Bruttium les dialectes sabelliens, le volsque et le marse).

Les langues celtiques (le gaulois mort sans presque laisser de traces, le brittonique qui survit dans le gallois et le breton moderne, le gaélique attesté depuis le VIIIème siècle et dont le principal représentant est l'irlandais) sont très proches des langues italiques, dans l'ensemble indo-européen.

D'autres langues indo-européennes, également apparentées de façon étroite entre elles, forment d'autres groupes : les langues germaniques (allemand, anglais, néerlandais ou flamand, langues scandinaves), les langues slaves (russe, polonais, tchèque, bulgare, serbo-croate), le groupe baltique (lituanien), les langues i'ndo-aryennes (sanscrit védique, langues modernes de l'Inde) et les langues iraniennes (avestique, vieux-perse, langues iraniennes modernes parmi lesquelles le persan, le kurde, l'afghan).

Le grec, l'arménien et l'albanais, le tokharien attesté au VIIème siècle de notre ère et aujourd'hui disparu, sont des langues indo-européennes isolées, comme le hittite.

Toutes ces langues, réparties en groupes, en familles, en branches, sont issues d'une langue unique, précisément l'indo-européen, appelé ainsi conventionnellement. L'indo-européen n'a jamais été écrit. On ne sait ni dans quelle contrée, ni à quelle date cette langue commune prédialectale a été parlée. Bref, on ignore tout de cette langue préhistorique.

Les langues indo-européennes attestées apparaissent dans l'histoire à des dates très diverses, depuis le Ilème millénaire avant notre ère (le hittite en Asie Mineure, à l'Est d'Ankara), jusqu'au Ilème millénaire de notre ère (albanais, langues baltiques : l'albanais n'est attesté que depuis le XVème siècle, et le baltique dès le XVIème siècle seulement sous la forme du vieux prussien mort aujourd'hui, du lituanien et du lette conservés jusqu'à notre époque). On suit le développement de certaines langues indo-européennes sur une longue période, ainsi pour le grec, depuis le grec mycénien du IIème millénaire avant notre ère jusqu'au grec moderne de nos jours. Le latin apparent dans l'histoire au milieu du IIIème siècle avant notre ère c'est le latin archaïque (du IIIème siècle au début du Ier siècle avant notre ère Plaute, Térence et Caton l'Ancien) qui va évoluer pour mourir avec le latin roman, du Vème au VIIIème siècle de notre ère (Boèce, Césaire d'Arles, Grégoire de Tours, Isidore de Séville, Grégoire le Grand, Bède le Vénérable, Fortunat, Sidoine Appolinaire).

De l'Asie centrale (tokharien du Turkestan chinois et langues indoaryennes de l'Inde) à l'extrémité occidentale de l'Europe (langues celtiques), l'indo-européen couvre ainsi un immense espace. Ce sont des migrations, des déplacements pré- ou protohistoriques qui ont dispersé les populations parlant des langues indo-européennes sur cet espace. (Cf. André Martinet, Des steppes aux océans. L'indo-européen et les " IndoEuropéens ", Paris, Payot, 1986.)

De tout ce qui précède, nous pouvons valablement tirer les conclusions suivantes :

- les langues évoluent et changent : la linguistique diachronique étudie précisément les modifications successives des langues, leur évolution ;

- le rythme évolutif des langues est assez lent et une langue évolue même si elle n'est pas écrite : une langue a une tradition orale indépendante de l'écriture ;

- l'objet de la linguistique synchronique est d'étudier le système d'une langue tel qu'il fonctionne à un moment donné. En réalité, les linguistiques diachronique et synchronique s'emboîtent l'une dans l'autre ;

- c'est la méthode comparative qui restitue les grandes lignes de la langue-mère prédialectale, en comparant les sons (phonétique), les formes de mots et de grammaire (morphologie), les faits lexicologiques (vocabulaire) communs aux différentes langues qui sont des formes diverses prises au cours du temps par une langue unique. La méthode comparative montre qu'une langue est rarement isolée dans le temps et l'espace, c'est-à-dire qu'il est rare, dans le monde, de rencontrer une langue qui n'appartienne pas à une communauté ou famille ou groupe linguistique, plus ou moins vaste, plus ou moins ancienne. Cette appartenance se traduit par des ressemblances profondes, qui ne sont pas des ressemblances fortuites ou acquises par le phénomène de l'emprunt linguistique. Il s'agit par conséquent de correspondances ou ressemblances héritées.

Ferdinand de Saussure lui-même a trouvé juste que la méthode comparative pouvait réussir à fixer la préhistoire des langues comparées : "La méthode rétrospective nous fait donc pénétrer dans le passé d'une langue au-delà des plus anciens documents" (Ferdinand de Saussure, Cours de Linguistique générale, édit. Critique par Tullio de Mauro, Paris, Payot, 1978, p. 293)

Tel est le but : la classification génétique des langues comparées et étudiées au-delà des documents écrits les plus anciens.

Une linguistique génétique et historique existe. C'est en son sein que s'est développée une linguistique générale, comme nous venons de le constater avec l'indo-européen.

Pour atteindre ce but, la méthode est de rigueur : " La parenté génétique est une fonction reliant les langues : elle consiste dans le fait que chaque élément d'expression d'une langue est relié par une fonction à un élément d'expression d'une autre ; la fonction de chaque élément est conditionné par son entourage et par la position qu'il occupe dans le mot." (Louis Hjelmslev, Le Langage. Une introduction, Paris, Les Éditions de Minuit, 1966, p. 5 2).

La méthode est comparative et inductive. On part de l'instruction des similitudes et aussi des différences entre les langues comparées pour démontrer l'origine commune de ces langues. Des langues aujourd'hui distinctes dérivent d'une langue unique si une continuité est plus ou moins instaurée entre les langues comparées, génétiquement.

Au sujet de cette parenté génétique des langues, Émile Benveniste clarifie encore la méthodologie, en précisant : " Les preuves de cette parenté consistent en similitudes régulières, définies par des correspondances, entre des formes complètes, des morphèmes, des phonèmes." (Émile Benveniste, Problèmes de linguistique générale, Paris, Gallimard, 1966, p. 101)

Il est évident que les séries s'imposent et que les coïncidsences de hasard doivent être éliminées, de même que les emprunts, les effets de convergence. La présomption de parenté est acquise si les preuves sont probantes : " Ainsi la correspondance entre lat. Est : sunt, all. I'st : sind, fr. E : sô, etc., suppose à la fois des équations phonétiques, la même structure morphologique, la même alternance, les mêmes classes de formes verbales et le même sens." (Émile Benveniste, Ibid.)

La méthode est connue. Elle a permis d'établir la grande famille linguistique qu'on appelle conventionnellement l'indo-européen. Peut-on appliquer cette méthode aux langues du continent africain réputées sans écriture ?

Émile Benveniste répond : "Cette méthode est bien connue et elle a été éprouvée dans l'établissement de plus d'une famille. La preuve est faite qu'elle peut aussi bien s'appliquer à des langues sans histoire dont la parenté est constatée aujourd'hui, de quelque structure qu'elles relèvent. [... ] La régularité des correspondances phonétiques et la possibilité de prévoir certaines évolutions ne sont limitées à aucun type de langues ni à aucune région. Il n'y a donc pas de raison d'imaginer que des langues "exotiques" ou "primitives" exigent d'autres critères de comparaison que les langues indo-européennes ou sémitiques." (Émile Benveniste, op. Cit., pp. 101-102)

La science linguistique n'est pas moins universelle que les autres sciences. Il n'y a aucun préjugé scientifique défavorable à appliquer la méthode comparative et inductive de la linguistique génétique et historique aux langues négro-africaines, à toutes les langues du monde. Au demeurant, le but ultime de cette linguistique est de pouvoir opérer une classification générale de toutes les langues humaines connues.

Il suffit de poser nos critères et de légitimer ainsi la comparaison génétique entre l'égyptien pharaonique, le copte et les langues négro-afticaines modernes. Ces critères sont essentiels et opérationnels :

- La langue a une tradition orale indépendante de l'écriture : le latin du IIIème siècle avant notre ère et le lituanien du XVIème siècle offrent l'un et l'autre, si éloignés soient-ils dans l'espace et le temps, une même image fidèle de l'indo-européen ; nous pouvons donc comparer les formes égyptiennes avec les formes négro-africaines correspondantes, même si nous n'avons pas, sous les yeux, tous les états successifs des langues négroafricaines. Bloomfield a comparé de façon génétique, historique quatre principales langues du groupe algonquin central': fox, ojibway, cree et menomini ; il a pu ainsi symboliser par des formes reconstruites à partir des langues attestées l' "algonquin central primitif" (Primitive Central Algonquian) ou le proto-algonquin, mais le linguiste américain ne possédait pas, pour les quatre langues comparées, d'enregistrements ou de documents antérieurs (" for which we have no older records " : L. Bloomfield, Language, Goerge Allen & Unwin, édit. De 1965 (première édition 1933), pp. 359-360 ; traduction française, Paris, Payot, 1970, pp. 337-338).

- Les critères de la comparaison sont garantis par l'égyptien pharaonique qui est le plus ancien témoin des langues comparées : "La classification ne s'assure de ses critères que si elle dispose, pour certaines au moins de ces langues, d'états plus anciens." (E. Benveniste, op. Cit., p. 105). Or les textes hiéroglyphes égyptiens les plus archaïques remontent à 3000 ans environ avant notre ère, et les premières manifestations écrites du copte dès le IIIème siècle avant notre ère.

- Par conséquent, l'énorme discontinuité géographique milite en faveur de l'exclusion de l'emprunt dans ces temps anciens, sur l'ensemble des concordances établies, morphologiques, phonétiques et lexicologiques. C'est-à-dire que la séparation très ancienne de la souche commune prédialectale élimine les effets de convergence, de hasard et d'emprunt. En d'autres mots, si des connexions de caractère sérial sont établies entre l'égyptien pharaonique, le copte et les langues négro-africaines modernes, on est autorisé de reconnaître un " air de famille ", une " parenté par enchaînement " selon l'expression de la systématique des plantes, même si l'on s'éloigne beaucoup du type initial, des prototypes reconstruits. Ainsi, le temps qui sépare l'égyptien ancien des langues africaines actuelles - un hiatus de 5000 ans - au lieu de constituer une difficulté se présente au contraire comme un critère sûr de comparaison (le temps qui sépare le hittite du portugais actuel est également énorme, mais rien n'empêche de comparer directement ces deux langues, dans un ensemble donné, pour rejoindre précisément l'indo-européen).

On ne doit donc pas exagérer les difficultés, non pas sans doute au niveau du travail comparatif réel, empirique, mais au niveau de la théorie, de la légitimité de la comparaison. L'histoire linguistique de l'humanité exige même qu'un tel travail soit vigoureusement entrepris.

Pour la linguistique stricte, les choses paraissent claires, théoriquement , la méthode est connue avec toutes ses exigences ; son but également. Et il est légitime, linguistiquement, de comparer l'égyptien pharaonique, le copte avec les langues africaines actuelles.

Mais qu'en est-il du côté de l'égyptologie ?

L'auteur de la première grammaire égyptienne, Champollion, était pleinement convaincu que "la langue égyptienne antique ne différait en rien d'essentiel de la langue vulgairement appelée copte ou cophthe ; que les mots égyptiens écrits en caractères hiéroglyphes sur les monuments les plus antiques de Thèbes, et en caractères grecs dans les livres coptes, ont une valeur identique et ne diffèrent en général que par l'absence de certaines voyelles médiales, omises dans l'orthographe primitive" (Champollion le jeune, Grammaire égyptienne, Paris, Firmin Didot, 1836, P. XVIII. Mots soulignés par l'auteur.

Champollion veut dire que l'égyptien pharaonique et le copte constituent une seule et même langue ; que le copte, écrit avec l'alphabet grec, est l'égyptien vocalisé ; qu'il est par conséquent possible de vocaliser l'égyptien ancien à partir du copte ; qu'il est éminemment arbitraire de négliger le copte dans les études de grammaire pharaonique.

Mais l'égyptologie n'a pas travaillé dans le sens indiqué initialement par Champollion lui-même. On a fait d'autorité de l'égyptien ancien une langue sémitique. On a évacué silencieusement le copte des études linguistiques égyptiennes. Ici, l'égyptologie a péché par présomption et par orgueil raciste : les civilisations de la Vallée du Nil égypto-nubienne, toutes ensemble, ne pouvaient être ni africaines (géographiquement parlant) ni du monde noir (culturellement s'entend).

Il convient par conséquent de rendre un vibrant hommage à la mémoire de Serge Sauneron : son honnêteté intellectuelle est égale à celle de Champollion. Pour Sauneron en effet la langue égyptienne n'est pas une langue sémitique et les grammaires égyptiennes, écrites jusqu'ici selon le modèle des grammaires sémitiques, ne rendent pas vraiment compte du génie propre de la langue pharaonique (Serge Sauneron, Grammaires de la langue égyptienne, IFAO, Extrait de "Textes et Langages de l'Égypte pharaonique". Hommage à Jean-François Champollion à l'occasion du 150ème anniversaire du déchiffrement des hiéroglyphes (1822-1972).

Sauneron, alors Directeur de l'Institut Français d'Archéologie Orientale du Caire, égyptologue-grammairien de réputation internationale qui a revu et corrigé la Grammai're de l'égyptien classique de Gustave Lefèbvre (1955), reprendra la même position scientifique, contre les préjugés égyptologiques séculaires, au colloque organisé par l'Unesco au Caire en 1974 : "Plus largement, le professeur Sauneron a souligné l'intérêt de la méthode proposée par le professeur Obenga après le professeur Diop. [...] L'égyptien ne pouvait être isolé de son contexte africain et le sémitique ne rendait pas compte de sa naissance ; il était donc légitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique" (Le peuplement de l'Égypte ancienne et le déchiffrement de l'écriture méroïtique, Actes du colloque tenu au Caire, du 28 janvier au 3 février 1974, Paris, Unesco, 1978, P. 1 00).

Le colloque du Caire comprenait les Égyptologues suivants : Abdelgadir M. Abdalla (Soudan), A. Abu Bakr (Égypte), Mme N. Blanc (France), F. Debono (Malte), Cheikh Anta Diop (Sénégal), G. Ghallad (Égypte), L. Habachi (Égypte), R. Holthoer (Finlande), S. Husain (Égypte), Mme J. Gordon-jaquet (USA), W. Kaisser (RFA), J. Leclant (France), G. Mokhtar (Égypte), R. El Naduri (Égypte), Th. Obenga (Congo), S. Sauneron (France), T. Save-Sôderbergh (Suède), P.L. Shinnie (Canada) etj. Vercoutter (France). Parmi les observateurs, on notait les professeurs V.L. Grottanelli (Italie), S. Hable Selassie (Éthiopie), Fawzia Helmy Hussein (Égypte), L.Kakosy (Hongrie) et le journaliste sénégalais Papa Amet Diop. L'Unesco elle-même était représentée par M. Glele et Mme Melcer. Le rapporteur du colloque était le professeur Jean Devisse (France). Rarement, l'égyptologie aura réuni un tel aréopage scientifique, en Égypte même. Les débats furent évidemment libres, engageant seulement la compétence et l'information de chaque participant.

Voici encore deux déclarations significatives

- "Le professeur Vercoutter a déclaré que, pour lui, l'Égypte était africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser". (Le peuplement de l'Egypte ancienne, op. Cit., p. 87)

- "Le professeur Leclant a reconnu ce même caractère africain dans le tempérament et la manière de penser des Égyptiens" (Le peuplement de l'Egypte ancienne, ibid.)

Ici, africain veut dire noir, nègre. Ainsi, la civilisation,pharaonique appartient en totalité au monde culturel négro-africain. L'Egypte pharaonique n'était pas sémitique encore moins indo-européenne dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser : elle était africaine, comme la Nubie, l'Abyssinie, Zimbabwe, Ghana, Benin (Yoruba), bref comme toutes les autres civilisations bâties autrefois sur le continent africain par des Noirs africains.

Une nouvelle page de l'historiographie africaine a donc été écrite au Caire, en 1974. L'égyptologie et les autres études africaines ou " africanistes " doivent le savoir clairement.

Parmi les nombreuses recommandations faites par le colloque international du Caire, donc par tous les participants, nous relevons celle-ci : "La coopération des spécialistes de linguistique comparée devrait être mise à contribution sur le plan international pour établir toutes les corrélations possibles entre les langues africaines et l'égyptien ancien" (Le peuplement de l'Egypte ancienne, op. Cit., p. 103)

Cette recommandation n'est-elle pas neuve, importante, fondamentale ? Elle a été faite par les meilleurs égyptologues de nos jours, alors réunis au Caire, pour débattre des problèmes tees spécialisés en égyptologie, dans les relations de cette science historique avec l'Afrique noire.

Il n'y aurait que l'excuse de l'incompétence pour se tenir à l'écart d'une demande aussi urgente. Les obstacles techniques éventuels ne sont pas insurmontables.

En définitive, la linguistique (F. De Saussure, Bloomfield, Hjelmslev, Benveniste) et l'égyptologie (Champollion, Sauneron, colloque égyptologique du Caire) sont favorables à une comparaison systématique, bien instruite, entre l'égyptien pharaonique, le copte et les langues négro-africaines modernes, pour retrouver, entre les langues ainsi comparées, une unité d'origine.



CONCLUSION

Le fait linguistique africain est varié et divers, mais du Point de vue de la linguistique historique, trois grandes familles se dégagent nettement, distinctement : a) le négro-égyptien, b) le berbère et c) le khoisan.

Il n'existe pas de langues "chamitiques" ou "hamitiques" sur le continent africain. Dès lors, le "chamito-sémitique" ou l'"afro-asiatique" demeure une pure illusion linguistique. L'égyptien, pharaonique et copte, ne peut pas être inclus dans le sémitique en tant que classe, groupe ou branche, comme c'est le cas pour l'ugaritique, l'accadien, le babylonien, le phénicien, l'hébreu, l'arabe, le sudarabique, etc. Aucun sémitisant compétent ne considère l'égyptien, pharaonique et copte, comme une langue sémitique, de loin ou de près. Le berbère, quant à lui, ne se trouve pas non plus génétiquement lié à la langue égyptienne, pharaonique et copte. C'est un abus, plutôt une erreur, que de faire du sémitique, de l'égyptien et du berbère des groupes linguistiques d'une même famille. En réalité, aucun savant ne l'a fait, selon la seule méthode en vigueur dans de telles études, c'est-à-dire la méthode de la linguistique comparative et historique ou encore évolutive, diachronique.

Le colloque du Caire (1974) avait tranché ce faux débat, en recommandant d' "établir toutes les corrélations possibles entre les langues africaines et l'égyptien ancien", puisque la langue égyptienne, pharaonique et copte, sortait d'elle-même du cadre des langues sémitiques et berbères. Au cours de ce travail, nous avons précisément démontré la non-réalité de la famille " afro-asiatique ", en nous situant sur le plan strict de la linguistique historique.

En revanche, nous avons pu reconstruire le négro-égyptien, soit la langue primitive commune aux langues historiquement attestées que sont les langues égyptienne, couchitique, tchadique, nilo-saharienne, nigéro-kordofanienne, toutes langues anciennes et modernes, parlées par les peuples noirs d'Afrique, depuis la vieille Égypte pharaonique, et toutes unies génétiquement lorsqu'on les compare de façon serrée et adéquate sous tous les angles, phonétique, phonologique, morphologique, grammatical, lexicologique.

Sans la contribution éclairante de la langue égyptienne, pharaonique et copte, qui demeure le sanscrit de la linguistique générale africaine, il est radicalement impossible d'entrevoir la profonde unité génétique des langues négro-africaines, leur dimension historique, temporelle.

Pour sortir la linguistique générale africaine des redites et impasses actuelles de même que de son statut mineur séculaire - celui des descriptionsstandard sans fin et sans projet linguistique précis, puisque la comparaison est constamment évitée, écartée ou ignorée -, il faut nécessairement prendre en compte la langue égyptienne, pharaonique et copte, qui doit désormais avoir sa place dans l'Université africaine, à côté du grec et du latin, de l'arabe, du dravidien, etc.

Il est dans l'ordre des choses possibles que l'intelligentsia africaine bâtisse rapidement, en Afrique même, une linguistique générale et historique à partir des langues des divers peuples africains. Ce serait là un immense apport à la linguistique générale mondiale dont l'ambition scientifique et culturelle, depuis Ferdinand de Saussure, reste l'exploration et la constitution des familles linguistiques du monde dans le cadre d'une sémiologie totale. Ce fut aussi le désir ardent de Humboldt, de Benveniste en Europe, de Peirce aux États-Unis.

Notre travail, modeste, se présente néanmoins comme le dévoilement même de l'univers linguistique africain, désormais uni sous le regard panor mique du temps historique et culturel des sociétés africaines, depuis l'Egypte antique.

En renouant de la sorte avec le fil de l'histoire, la leur propre, les langues africaines, réunies dans une famille reprise cependant par chacune d'elles au cours des temps, dessinent alors une structure globale qui les projette ensemble vers la linguistique mondiale en tant que groupes et branches d'une seule et même famille linguistique.

La linguistique africaine ferait une énorme bévue en suspendant la réflexion sur son propre statut dans la production parlante de l'humanité.

Mais quel est l'avenir linguistique de l'Afrique ?

Cet avenir est au coeur même du destin des peuples d'Afrique dans le monde contemporain. Multiples batailles qui sont celles de nos vies : sauvetage des traditions orales, scolarisation dans les langues africaines, nécessité de l'unité du continent africain pour mieux aborder ensemble les problèmes économiques, monétaires, industriels, technologiques, militaires, d'information et de communication, de contrôle des matières premières, de coopération avec d'autres pays et peuples du monde, sans perpétuer inutilement les vieilles psychologies égdistes et aliénantes.

Le dossier linguistique africain, intimement lié au dossier culturel panafricain, a toujours préoccupé les Africains conscients de leur avenir collectif.

Wole Sonyika, au FESTAC 77 de Lagos, avait mis l'accent avec vigueur sur la nécessité de l'unité linguistique à l'échelle continentale : il avait proposé le swahili comme langue de communication interafricaine. Une telle prise de position de la part d'un homme de l'envergure de Sonyika avait fortement marqué les esprits des participants au FESTAC de Lagos.

On se rappelle également que le problème des langues africaines avait fait l'objet de nombreux et fructueux débats au cours du colloque organisé par ce même FESTAC 77. D'importantes recommandations furent faites en séance plénière :

- enseigner les langues africaines, de l'école maternelle à l'université ; - alphabétiser systématiquement les masses populaires dans les langues africaines, les leur, afin de les intégrer au développement social, culturel et économique des États africains ;

- entreprendre la formation professionnelle, scientifique, technique et technologique de l'Africain dans les langues africaines de culture et de grande communication ;

- créer dans chaque État africain des centres de recherche sur les langues, les littératures orales et écrites, les arts, etc.

Partout la nécessité est vivement ressentie, celle de considérer les langues africaines comme des outils de développement. Des spécialistes africains (Pathé Diagne, Abdoulaye Baldé de l'Université de Dakar, Gnon Samya Kondé, directeur de la Direction de la Formation permanente, de l'Action et de la Recherche pédagogique du Togo et tant d'autres) ont régulièrement accordé des interviews de grande portée sur la revalorisation des langues nationales africaines.

A Douala, du 2 au 14 juillet 1973, un séminaire décisif avait été organisé sur "Les langues africaines, facteur de développement" (Actes du Séminaire édités par le collège Libermann de Douala, 1974). Des intellectuels camerounais, sous la direction du Pr Henri Marcel Bot Ba Njock, abordèrent alors efficacement tous les aspects du problème soumis à leur réflexion : langues africaines véhicules de civilisation, transcription moderne des langues africaines, langues locales et développement de la nation, langues africaines et pensée scientifique, langues africaines et réflexion philosophique, manuels pour l'enseignement des langues africaines, élaboration d'atlas linguistiques, etc.

La "Conférence inter-gouvernementale sur les politiques culturelles en Afrique", organisée par l'Unesco avec la coopération de l'OUA, à Accra, du 27 octobre au 6 novembre 1975 (Rapport final, Paris, Unesco), avait considéré que les langues et traditions africaines constituaient des supports essentiels de toute promotion éducative et culturelle en Afrique.

Concrètement, de nombreux pays africains ont déjà ouvert la voie en Afrique noire en revalorisant et en développant les langues locales (enseignement, discours officiels, alphabétisation).

Concrètement aussi, le Pr Cheikh Anta Diop a traduit dans sa langue maternelle, le wolof, de longs textes couvrant les domaines de la théorie des ensembles, de la physique mathématique et théorique, de l'organisation de la matière au niveau subquantique et quantique, de la relativité restreinte et générale ainsi que de la cosmologie relativiste, de l'algèbre tensorielle, de la chimie quantique (C.-A. Diop, Comment enraciner la science en Afrique : exemple valaf-Sénégal, in Bulletin de l'IFAN, Dakar, t. 37, série B, n' 1, 1975, pp. 154-233).

Des progrès considérables sont toujours enregistrés grâce aux nombreux centres de recherche qui existent maintenant en Afrique. L'avenir peut être ainsi envisagé avec quelque optimisme.

Cette saisie contemporaine des Africains sur leur propre être social et culturel, sur leur histoire, et leurs langues natives qui tiennent toutes d'un ancêtre commun prédialectal, c'est encore et toujours le travail : le travail de tout le Peuple africain en marche.

I. - Tableau du négro-égyptien

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Suite du tableau du négro-égyptien

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Il. - Tableau du sémitique de l'Afrique

IlI. - Tableau du berbère

IV. - Tableau du khoisan



Parenté génétique entre l'égyptien pharaonique et des langues négro-africaines

Cheikh Anta DIOP

Les formes verbales (Extrait Chapitre III)



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Compléments à Parenté génétique ...

Cheikh Anta Diop

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Would love to be able to read this (lol). Don't know any French.
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I can read some of it, but English is easier. So here it is (courtesy of Google):

Langue
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Common origin of the old égytien, the copte and the modern négro-African languages. Introduction to African historical linguistics.

Theophilus OBENGA

(Paris, Harmattan, 1993)

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Contents

INTRODUCTION p. 7

CHAPTER I. - Métbodologie p. 11

Principles of historical linguistics. Indo-European. Criteria legitimating the comparison enters the Pharaonic Egyptian, the modern copte and négro-African languages. Recommendations of the international Egyptological Conference of Cairo in 1974.

CHAPTER II. - Identification and documentation p. 19.

History of the Egyptian language. Dialects coptes. Process of the loan made to the Greek by the copte. Pharaonic dictionaries, lexicons and grammars and coptes. Identification of the mbochi. Mbochi and Bantu. Scientific documentation on the mbochi.

CHAPTER III. - Historical Phonetics of the Egyptian p. 29

History of Egyptian phonetics. Copte and Egyptian means: phonology. First approach relating to the vocalization of the Pharaonic Egyptian. Consonant systems Pharaonic and copte. Vowels coptes. Phonematic structure of the copte.

CHAPTER IV. - Definition and classification of the phonemes mbochi p. 53

General features. Consonants. Vowels. Tonematic analysis. Combination of the phonemes. Conclusio

CHAPTER V. - System phonological of Berber p. 67

Documentation. Berber phonology: consonant system and vowel system. Phonological observations. Languages Egyptian woman and Berber: their irremediable opposition

CHAPTER VI. - Hamito-Semitic Myths p. 79

Etymology of the word “ham” or “cham”. Morphological structure of Semitic, the Egyptian and the Berber one: systematic comparative study. Semitic, Egyptian and Berber facts lexicological: their fundamental opposition. “Hamito-Semitic language” or the “Afro-Asian one”, a true scientific swindle.

CHAPTER VII. - Morphological Correspondences between the énptien and the négo-afticain p. 97

Nominal classes and definite articles. Formation of plural. Grammatical categories of sexual kind. Grammatical formation of abstract. Verb-copula “being”. Egyptian personal pronouns and négro-African. Considered personal pronoun. Grammatical adjectives and their employment. “Nisbés” adjectives known as. Obtaining comparative and superlative. Verbs and flexional verbal conjugation. Reduplication. Causative. Verbal particles. Time and modes. Simple and complex forms of the verb: verbal inflections. Verbal auxiliary particles (morphemes copulas). Expression of the future and table of the functional elements. Verbal characteristics idiomatic. The “m” known as of preaching. Negative morphemes: comparative tables. Particles of connection: comparative tables.

CHAPTER VIII. - Cbangements and phonetic Règles of correspondences p. 181

Sound laws (“sound laws”). Data. Analyze Pharaonic facts, coptes and négro-African. Establishment of phonetic agreements: consonants. Family trees. General picture. Phenomenon of métathèse. Table. Establishment of phonetic agreements: vowels. Evolutionary tables.

CHAPTER IX. - Lexicological Facts and correspondences p. 259

General remarks. Problem of the linguistic loan and languages noncontiguës. Intervention of the copte. Problem of the common heritage in linguistics. Cultural and historical value of certain Egyptian lexemes and négroafricains: “ox”, “sheep/ram”, “monkey/baboon” “elephant”, “hippopotamus”, “meat”. Second approach relating to the vocalization of the Pharaonic Egyptian: former Egyptian/nuer/bandaged/mande. Confirmation by the négro-afticain of certain readings of Pharaonic the behaviours for doubtful. Widespread Egyptian ontological categories in all the Black Africa. The Egyptian Pantheon and négro-African divinities. Lexicological bringings together between the former Egyptian, the copte and négro-African.

CHAPTER X. - Speeches négro-Egyptians. Their classification p. 343

The Négro-Egyptian, fundamental acquisition of renewed African linguistics. Old history of the continent afticain and African linguistics. Nonexistence of the languages known as “semi” bantu. Bursting of old linguistic barriers imposed by racist theories between the African languages. Need for a linguistic geography in Aftique black. Three great African linguistic families: the négro-Egyptian, the Berber one and the khoisan. The négro-Egyptian woman family with all her branches and all its sub-groups. The verbecopule “to be” as an négro-Egyptian: systematic comparison.

CHAPTER XI. - Other African Speeches. Their classification p.361

Semitic languages of Aftique: Ethiopian Semitic group. Some loans made by this group with the couchitique one. Current Berber speeches. Languages khoisan. Lexemes hottentot. Comparison enters the khoisan and the Berber one: inexistence of the languages known as “charnitic”.

CONCLUSION p. 373

BIBLIOGRAPHY p. 377

INDEX OF the NAMES Of AUTHORS p. 391

APPENDICES p. 395

I. - Table of the Négro-Egyptian p. 394 - II. - Table of Semitic of Africa p. 396 - III. - Table of Berber p. 397 - IV. - Table of Khoisan p. 398.



METHODOLOGY

We quickly will expose the rules and principles of comparative or historical or evolutionary linguistics, like .le but.vized by this linguistics. Then, we will release the criteria which authorize and validate the comparison between the Pharaonic Egyptian, the copte and the négro-African languages modern.

French and the of Provence one, for example, meet by a form of language former to both: the vulgar Latin of Gaule, - the Latin language was spread, in Ier century before our era, in the whole of Gaule, to the Rhine. In other words, the current states of French and of Provence, now different, are states of a single former linguistic form. However what is called by convenience the vulgar Latin of Gaule is only one particular form, undoubtedly very little differentiated, of the vulgar Latin in general. Consequently, the relationship of French and of Provence widens in space and time, since the Romance languages are the linguistic diversification of spoken Latin, during the High Means Age (V, - VIIIème century). The Romance languages include/understand the gallo-novel (dialects of language of oïl of which French and Franco-Provençal; dialects cisalpins, rhéto-frioulan, gallo-Italian; dialects of language of oc, occitan and Gascon, and the Catalan which occupies an intermediate linguistic position between the gallo-novel and the ibéro-novel), the ibéro-novel (Portuguese, Spanish and dialects: Gloses de San Millàn of Cogolla, fine Xème century, constitute the first mentions written in a Spanish dialect), the italo-novel (Tuscan, dialects of the Center and South, dialects of Sardinia; the first document written in an Italian dialect vulgar completion date of Xème century: it is the charter of the Cassin Mount, 960-963), the balkano-novel (Rumanian, Dalmatian).

All these Romance modern languages are consequently historical continuities of Latin. Each one of them includes/understands dialects, local speeches, patois, trade slangs. Thus, for example, the Picardy one and the Norman one, the poitevin and the berrichon, are parents between them, and are it also of French and the Franco-Provençal, consequently of Latin. If a given Spanish patois does not have large any more - thing of commun run, today, with such other Rumanian patois for example, this difference is simply explained by the fact why the two linguistic forms separated for a very long time.

However Latin forms, with certain Indo-European languages, the group of the Italic languages (the Italic languages divisient itself as follows: Latin, the falisque one spoken in Faléries on the middle price about the Tiber, the vénète spoken in Venezia; the ombrien spoken in Apennin, the osque one is the language of Samnites of Samnium extended to Campania, Lucanie and Bruttium the dialects sabelliens, the volsque one and the marse).

The Celtic languages (the Gallic one died without almost leaving traces, the brittonique one which survives in Welsh and the Breton modern one, Gaelic attested since VIIIème century and whose principal representative is Irish) are very close to the Italic languages, as a whole Indo-European.

Other Indo-European languages, also related in a narrow way between them, form other groups: Germanic languages (German, English, Dutch or Flemish, Scandinavian languages), Slavic languages (Russian, Polish, Czech, Bulgarian, Serbo-croatian), the Baltic group (Lithuanian), the ndo-Aryan languages i' (Sanskrit vedic, modern languages of India) and the Iranian languages (avestic, old man-Persian, languages Iranian modern among which the Persan one, Kurdish, Afghan).

The Greek, the Armenian and Albanian, the tokharien attested in VIIème century of our era and disappeared today, are isolated Indo-European languages, like the hittite.

All these languages, divided as groups, families, in branches, result from a single language, precisely the Indo-European, called thus conventionally. Forever written Indo-European. One knows neither in which region, nor on which date this common language prédialectale was spoken. In short, one is unaware of this prehistoric language very.

The attested Indo-European languages appear in the history on very diverse dates, since thousand-year-old Ilème before our era (the hittite in Asia Mineure, in the East of Ankara), until thousand-year-old Ilème of our era (Albanian, Baltic languages: Albanian is attested only from XVème century, and the Baltic as of XVIème century only in the form of the old Prussian died today, the Lithuanian and the lette preserved until our time). One follows the development of certain Indo-European languages over a long period, thus for the Greek, since the Greek mycénien of thousand-year-old IIème before our era to the modern Greek nowadays. Apparent Latin in the history in the middle of IIIème century before our era it is antiquated Latin (of IIIème century at the beginning of Ier century before our era Plaute, Terence and Caton the Old one) who will evolve/move to die with Romance Latin, of 5th in VIIIème century of our era (Boèce, Césaire of Arles, Gregoire de Tours, Isidore of Seville, Gregoire the Large one, Bède the Worthy one, Fortunat, Sidoine Appolinaire).

With the Central Asia (tokharien of Chinese Turkestan and languages indoaryennes of India) at the Western end of Europe (Celtic languages), the Indo-European covers an immense space thus. They are migrations, pre or protohistoric displacements which dispersed the populations speaking about the Indo-European languages on this space. (Cf Andre Martinet, Of the steppes to the oceans. Indo-European and the “IndoEuropéens”, Paris, Payot, 1986.)

Of all that precedes, we can validly draw the following conclusions:

- the languages evolve/move and change: diachronic linguistics precisely studies the successive modifications of the languages, their evolution;

- the evolutionary rate/rhythm of the languages is rather slow and a language evolves/moves even if she is not written: a language has an oral tradition independent of the writing;

- the object of synchronic linguistics is to study the system of a language such as it functions at a given time. Actually, linguistics diachronic and synchronic encase one in the other;

- it is the comparative method which restores the broad outline of the language-mother prédialectale, by comparing the sounds (phonetics), forms of words and grammar (morphology), lexicological facts (vocabulary) common to the various languages which are various forms taken in the course of time by a single language. The comparative method shows that a language is seldom isolated in time and space, i.e. It is rare, in the world, to meet a language which does not belong to a community or family or linguistic group, more or less vast, more or less old. This membership results in major resemblances, which are not resemblances fortuitous or acquired by the phenomenon of the linguistic loan. They are consequently inherited correspondences or resemblances.

Ferdinand de Saussure itself found just that the comparative method could succeed in fixing the prehistory of the compared languages: “The retrospective method thus makes us penetrate in the past of a language beyond the oldest documents” (Ferdinand de Saussure, Cours of general Linguistics, edict. Critical by Tullio de Mauro, Paris, Payot, 1978, p. 293)

Such is the goal: the genetic classification of the languages compared and studied beyond the written documents oldest.

A genetic and historical linguistics exists. It is in its centre that developed a general linguistics, as we have just noted it with the Indo-European.

To achieve this goal, the method is required: “The genetic relationship is a function connecting the languages: it consists in the fact that each element of expression of a language is connected by a function to an element of expression of another; the function of each element is conditioned by its entourage and the position which it occupies in the word.” (Louis Hjelmslev, the Language. An introduction, Paris, Editions of Midnight, 1966, p. 5 2).

The method is comparative and inductive. One leaves the instruction of the similarities and also of the differences between the languages compared to show the common origin of these languages. Languages now distinct derive from a single language if a continuity is more or less founded between the compared languages, genetically.

About this genetic relationship of the languages, Emile Benveniste still clarifies methodology, while specifying: “The evidence of this relationship consists of regular similarities, definite by correspondences, between complete forms, morphemes, phonemes.” (Emile Benveniste, Problems of general linguistics, Paris, Gallimard, 1966, p. 101)

It is obvious that the series are essential and that the coïncidsences of chance must be eliminated, just as the loans, the effects of convergence. The presumption of relationship is acquired if the evidence is convincing: “Thus correspondence between lat. Is: sunt, all. I' St: sind, france E: sô, etc, suppose at the same time phonetic equations, the same morphological structure, same alternation, the same verbal categories particle shapes and the same direction.” (Emile Benveniste, ibid)

The method is known. It made it possible to establish the great linguistic family which one conventionally calls the Indo-European. Can one apply this method to the languages of the African continent famous without writing?

Emile Benveniste answers: “This method is well known and it was tested in the establishment of more than one family. The proof is made that it can as well apply to languages without history whose relationship is noted today, of some structure that they raise. […] The regularity of the phonetic correspondences and the possibility of envisaging certain evolutions are limited to no type of languages nor to any area. There is thus no reason to imagine that exotic” or “primitive” languages “require other comparison criterions that Indo-European or Semitic languages.” (Emile Benveniste, COp cit., pp. 101-102)

Linguistic science is less universal than other sciences. There is no unfavourable scientific prejudice to apply the comparative and inductive method genetic and historical linguistics to the négro-African languages, with all the languages of the world. Moreover, the ultimate goal of this linguistics is to be able to operate a general classification of all the known human languages.

It is enough to pose our criteria and to thus legitimate the genetic comparison between the Pharaonic Egyptian, the modern copte and languages négro-afticaines. These criteria are essential and operational:

- The language has an oral tradition independent of the writing: Latin of IIIème century before our era and the Lithuanian of XVIème century offer one and the other, however distant are in space and time, the same faithful image of the Indo-European; we can thus compare the Egyptian forms with the corresponding négro-African forms, even if we do not have, in the eyes, all the successive states of the languages négroafricaines. Bloomfield compared in a genetic, historical way four principal languages of the group algonquin central': fox, ojibway, create and menomini; he thus could symbolize by forms rebuilt starting from the attested languages the “primitive central algonquin” (Primitive Algonquian Exchange) or the proto-algonquin, but the American linguist did not have, for the four compared languages, of recordings or former documents (” for which we cuts No older records “: L. Bloomfield, Language, Goerge Allen & Unwin, edict. Of 1965 (first edition 1933), pp. 359-360; French translation, Paris, Payot, 1970, pp. 337-338).

- The comparison criterions are guaranteed by the Pharaonic Egyptian who is the most former witness of the compared languages: “Classification is ensured of its criteria only if it lays out, for some at least of these languages, of older states.” (E. Benveniste, COp cit., p. 105). However the Egyptian texts hiéroglyphes most antiquated go back to approximately 3000 years before our era, and the first demonstrations written of the copte as of IIIème century before our era.

- Consequently, enormous geographical discontinuity militates in favour of the exclusion of the loan in these old times, on the whole of the established, morphological, phonetic and lexicological agreements. I.e. The very old separation of the common stock prédialectale eliminates the effects of convergence, chance and loan. In other words, if connections of character sérial are established between the Pharaonic Egyptian, the modern copte and négro-African languages, one is authorized to recognize a “air of family”, a “relationship by sequence” according to the expression of systematic of the plants, even if one moves away much from the initial type, of the rebuilt prototypes. Thus, the time which separates the old Egyptian from the current African languages - a 5000 years hiatus - instead of constituting a difficulty presents on the contrary as a sure criterion of comparison (time which separates the hittite from current Portuguese is also enormous, but nothing prevents from comparing these two languages directly, in a given unit, to join the Indo-European precisely).

One should not thus exaggerate the difficulties, not undoubtedly on the level of comparative work real, empirical, but on the level of the theory, the legitimacy of the comparison. The linguistic history of humanity even requires that such a work is vigorously undertaken.

For strict linguistics, the things appear clear, theoretically, the method is known with all its requirements; its goal also. And it is legitimate, linguistically, to compare the Pharaonic Egyptian, the copte with the current African languages.

But what happenhappen does side of Egyptology?

The author of the first Egyptian grammar, Champollion, was fully convinced that “the ancient Egyptian language did not differ of anything essence of the language vulgarly called copte or cophthe; that the Egyptian words written in characters hiéroglyphes on the most ancient monuments of Thèbes, and in Greek characters in the books coptes, have an identical value and in general differ only by the absence from certain vowels médiales, omitted in the primitive orthography” (Champollion the young person, Grammaire Egyptian, Paris, Firmin Didot, 1836, P. XVIII. Words underlined by the author.

Champollion wants to say that the Pharaonic Egyptian and the copte constitute only one and even language; that the copte, written with the Greek alphabet, is the vocalized Egyptian; that it is consequently possible to vocalize the old Egyptian starting from the copte; that it is eminently arbitrary to neglect the copte in the studies of Pharaonic grammar.

But Egyptology did not work in the direction indicated initially by Champollion itself. One made authority of the old Egyptian a Semitic language. One evacuated the copte silently Egyptian linguistic studies. Here, Egyptology sinned by presumption and racist pride: the ages of the Valley of the Nile égypto-Nubian, all unit, could be neither African (geographically speaking) nor of the black world (culturally gets along).

It is consequently advisable to pay a vibrating homage to the memory of Serge Sauneron: its intellectual honesty is equal to that of Champollion. For Sauneron indeed the Egyptian language is not a Semitic language and the Egyptian grammars, written up to now according to the model of Semitic grammars, do not account really for the own genius of the Pharaonic language (Serge Sauneron, Grammaires of the Egyptian language, IFAO, Extrait of “Texts and Languages of Pharaonic Egypt”. Homage to Jean-François Champollion at the time of the 150ème birthday of the deciphering of the hiéroglyphes (1822-1972).

Sauneron, then Directing of the French Institute of Oriental archeology of Cairo, Egyptologist-grammairien of international reputation which re-examined and corrected Grammai' Re of the traditional Egyptian of Gustave Lefèbvre (1955), the same scientific position will begin again, counters the secular Egyptological prejudices, with the conference organized by UNESCO in Cairo in 1974: “More largely, professor Sauneron underlined the interest of the method suggested by professor Obenga after professor Diop. [...] The Egyptian could not be isolated from its African context and the Semitic one did not give an account of its birth; it was thus legitimate to find parents or cousins in Africa to him” (the settlement of old Egypt and deciphering of the meroitic writing, Actes of the conference held in Cairo, of January 28 to February 3, 1974, Paris, UNESCO, 1978, P. 1 00).

The conference of Cairo included/understood the following Egyptologists: Abdelgadir Mr. Abdalla (Sudan), A. Abu Bakr (Egypt), Mrs. NR. White (France), F. Debono (Malta), Sheik Anta Diop (Senegal), G. Ghallad (Egypt), L. Habachi (Egypt), R. Holthoer (Finland), S. Husain (Egypt), Mrs. J. Gordon-jaquet (the USA), W. Kaisser (FRG), J. Leclant (France), G. Mokhtar (Egypt), R. El Naduri (Egypt), Th. Obenga (Congo), S. Sauneron (France), T. Save-Sôderbergh (Sweden), P.L. Shinnie (Canada) etj. Vercoutter (France). Among the observers, one noted professors V.L. Grottanelli (Italy), S. Hable Selassie (Ethiopia), Fawzia Helmy Hussein (Egypt), L.Kakosy (Hungary) and the journalist Senegalese Dad Amet Diop. UNESCO itself was represented by Mr. Glele and Mrs. Melcer. The rapporteur of the conference was professor Jean Devisse (France). Seldom, Egyptology will have joined together such a scientific learned assembly, in Egypt even. The debates were obviously free, engaging only the competence and the information of each participant.

Here still two significant declarations

- “Professor Vercoutter declared that, for him, Egypt was African in its writing, its culture and its manner of thinking”. (The settlement of old Egypt, COp cit., p. 87)

- “Professor Leclant recognized this same African character in the temperament and the manner of thinking of the Egyptians” (the settlement of old Egypt, ibid)

Here, African wants to say black, negro. Thus, civilization, Pharaonic belongs entirely to the cultural world négro-African. Pharaonic Egypt was not Semitic even Indo-European in its writing, its culture and its manner of thinking: it was African, like Nubie, Abyssinie, Zimbabwe, Ghana, Benin (Yoruba), in short like all the other civilizations built formerly on the African continent by African Blacks.

A new page of African historiography was thus written in Cairo, in 1974. African Egyptology and the other studies or “Africanists” owe the knowledge clearly.

Among the many recommendations made by the international conference of Cairo, therefore by all the participants, we raise this one: “The co-operation of the specialists in compared linguistics should be put at contribution on the international level to establish all the possible correlations between the African languages and the old Egyptian” (the settlement of old Egypt, COp cit., p. 103)

Isn't this recommendation new, important, fundamental? It was made by the best Egyptologists nowadays, then convened in Cairo, to discuss problems tees specialized in Egyptology, in the relations between this historical science and the Black Africa.

There would not be that the excuse of the incompetence to keep away from such an urgent request. The possible technical obstacles are not insurmountable.

Ultimately, linguistics (F. Of Saussure, Bloomfield, Hjelmslev, Benveniste) and Egyptology (Champollion, Sauneron, Egyptological conference of Cairo) favour a comparison systematic, well educated, between the Pharaonic Egyptian, the modern copte and négro-African languages, to find, between the languages thus compared, a unit of origin.



CONCLUSION

The African linguistic fact is varied and various, but from the Point of view of historical linguistics, three great families emerge clearly, distinctly: has) the négro-Egyptian, b) the Berber one and c) the khoisan.

There are not chamitic” or “hamitic” languages “on the African continent. Consequently, “Hamito-Semitic language” or “Afro-Asian” the residence a pure linguistic illusion. The Egyptian, Pharaonic and copte, cannot be included in the Semitic one as a class, a group or connect, as it is the case for the ugaritique one, the accadien, Babylonian, the phenician, Hebrew, Arabic, the sudarabique one, etc No sémitisant qualified does not consider the Egyptian, Pharaonic and copte, like a Semitic language, by far or of near. The Berber one, as for him, is not either genetically related to the Egyptian, Pharaonic language and copte. It is an abuse, rather an error, to make the Semitic one, of the Egyptian and the Berber one of the linguistic groups of the same family. Actually, no scientist did it, according to the only method in force in such studies, i.e. The method of linguistics comparative and historical or evolutionary, diachronic.

The conference of Cairo (1974) had sliced this false debate, while recommending “to establish all the possible correlations between the African languages and the old Egyptian”, since the Egyptian, Pharaonic language and copte, left itself the framework of the Semitic and Berber languages. During this work, we precisely showed the not-reality of the” Afro-Asian “family, by locating us on the strict level of historical linguistics.

On the other hand, we could rebuild the négro-Egyptian, that is to say the primitive language common to the historically attested languages that are the languages Egyptian woman, couchitic, tchadic, nilo-Saharan, nigéro-kordofanienne, all old and modern languages, spoken by the black people about Africa, since the old woman Pharaonic Egypt, and all genetically plain when they are compared in a tight and adequate way from every angle, phonetics, phonological, morphological, grammatical, lexicological.

Without the lighting contribution of the Egyptian language, Pharaonic and copte, which remains Sanskrit of African general linguistics, it is radically impossible to foresee the deep genetic unity of the négro-African languages, their historical, temporal dimension.

To leave African general linguistics the repetitions and current dead ends just as of its secular minor statute - that of the descriptionsstandard without end and precise linguistic project, since the comparison constantly is avoided, drawn aside or ignored -, it is necessarily necessary to take into account the Egyptian, Pharaonic language and copte, which must from now on have its place in the African University, beside the Greek and of Latin, of Arabic, of the dravidien, etc

It is in the order of the possible things that African intelligentsia masonry quickly, in Africa even, a general and historical linguistics starting from the languages of the various African people. It would be there an immense contribution with the world general linguistics of which